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Petit tour d'horizon sur ce que la presse et les critiques BD pensent des ouvrages Mosquito...
Memories of sand
Frezzato
15.00 €
Février 2012
Je ne connaissais pas Frezzato, dessinateur et scénariste italien, mais une chose est sûre, après avoir lu "Memories of Sand", je vais me pencher plus avidement sur ses précédentes publications.

Je dis que j'ai "lu" "Memories of Sand" mais je devrais plutôt dire que je l'ai admiré et ressenti. Ce n'est pas une bande dessinée à proprement parlé puisqu'ici il n'y a aucun texte et aucune dialogue. Tout se passe dans les yeux des personnages et la beauté des dessins de Frezzato. On se laisse porter par les couleurs vives et le caractère nostalgique qui ressort des quatre histoires contenues dans ce recueil au format à l'italienne qui s'apparente plus à un beau livre qu'à une BD.

"La Rose" tout d'abord montre la chute au sens propre d'un homme, venant d'on ne sait où et se dirigeant vers une destination inconnue. Au long de sa chute, il passe différentes matières, pense s'écraser puis passe à travers et continue de chuter. Il se dégage de cette histoire quelque chose d'angoissant jusqu'à ce qu'il se transforme en phoenix et se mette à voler. Là il aperçoit au loin un ballon coloré sur lequel est allongée une jeune femme complètement nue ayant une rose en lieu et place du sexe. Il va alors perdre la tête et se diriger vers cet antre sacré la bave aux lèvres. Il y a un côté grivois à cette histoire que l'on ne retrouvera pas dans les autres et qui nous fera sourire sur plusieurs cases. Cette destination est-elle le but à atteindre? Qu'y a-t-il dans cette rose? Ca vous le saurez en le lisant!

On retrouve cet homme (qui a cessé de chuter) dans l'histoire suivante: "La Clef". Mon coeur penche pour cette histoire ci et son côté nostalgique. Métaphysique, allégorique, elle est presque une parabole sur l'amour, l'incompréhension et la peur de l'inconnu. Elle peut être lu de différentes façons, peut être que certains n'y verront rien de spécial mais c'est elle qui a su le plus me toucher. Il est difficile d'en raconter l'histoire dans les détails tant elle est imagée.

La suivante, "Le Parapluie" diffère complètement dans son traitement de ses 3 autres compagnes. Le procédé de dessin, la colorisation et les cases tranchent dans ce recueil. Un homme monocycle (toujours le même) pénètre dans une grotte au fond de laquelle, après avoir bravé les éléments, il découvre une jeune fille à la source même des évènements se déchainant. Fragile et perdue, à la fois victime et maitresse de ses pouvoirs, il va tout faire pour la sauver d'elle-même et la sortir de cette grotte. Encore une fois, l'histoire a un fond philosophique et éprouvant mais, de part le personnage du petit asticot cyclope, Frezzato a su dédramatiser l'ensemble et faire sourire le lecteur.

Enfin, la très courte dernière histoire de cet ouvrage, "Le petit cochon", montre la cruauté des hommes à préparer à la chaine des cochons grillés. Frezzato serait-il végétarien? En tout cas son héroïne oui puisqu'elle n'hésite pas à faire sauter sans remords l'usine en question.

Entre fantasy et science-fiction, avec des machines/robots, des situations clairement SF, des créatures improbables et un fond philosophique, Frezzato nous propose, avec "Memories of Sand", un ouvrage hors du commun qui nous émeut et nous réconforte. D'une beauté saisissante et d'un lyrisme touchant, il nous parle d'amour de la plus belle façon qu'il soit. Un seul bémol à ce très bel ensemble: un goût de trop peu...

Lire en ligne:
http://cafardsathome.canalblog.com/archives/2012/02/12/23504229.html
Nelfesque
Vraiment, j'ai été très agréablement surprise par ce très beau livre.
L'objet, tout d'abord, est de belle facture. Agréable à manipuler, à toucher...
Si, si, c'est vrai ! Ne riez pas, c'est important, que tout soit parfait avec livre !!!

Les dessins:
Pareils que le livre: c'est beau. Les yeux s'émerveillent devant la mise en couleurs; souvent froides, sauf des rouges ou jaunes et orangés, mais qu'on ne trouve que là où ils doivent être...
Suis-je bien claire ? (Non, je suis Wal......) Non, je sais, pas trop...! Disons que rien ne choque, le ton est juste ! Les accords sont harmonieux.
Les personnages ont un air tantôt enfantin, tantôt rêveur, voire les 2 à la fois... Des airs parfois un peu "manga", mais juste dans le look parce qu'il ne s'agit pas du tout de ce genre de BD.

Ici, tout n'est que lyrisme, poésie, rêve, songe... Les histoires sont étranges et douces. On y entre pour un peu de magie ou l'on se contente d'apprécier le trait de Frezzato... En tout cas, on est loin des BD "à bulles" traditionnelles. On est dans un monde magique, fait d'amour, d'émotions, d'érotisme et de rêve éveillé...

Lire en ligne:
http://walpassion.blogspot.com/2012/02/memories-of-sand-de-massimiliano.html
Wal

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Memories of sand - 05
Memories of sand - 11
Memories of sand - image
Memories of sand - gardes
Impérativement - couverture
Sergio Toppi
30.00 €
Janvier 2012
Quelle belle collection, que la « Nec Plus » chez Mosquito, nous proposant de beaux et grands ouvrages à dos toilé, sur beau papier et en tirage limité… Après un premier Toppi consacré aux Tarots puis le magnifique « Pinocchio » vu par Frezzato (et avant le merveilleux « Chat botté » de Battaglia à venir le mois prochain), voici donc Sergio Toppi qui revient avec « Impérativement », un très beau recueil d’illustrations témoignant de l’évolution actuelle du maître italien. Bellissimo !
Que devons-nous faire impérativement dans nos vies ? L’impératif, c’est un commandement moral, une injonction à tenir compte de la réalité de certaines choses avant de prendre position et d’agir. Dans cet ouvrage, Sergio Toppi nous propose une série d’impératifs censés nous sauver de l’écueil, nous écarter de l’erreur et éviter les déconvenues : « Lorsque l’on se trouve dans l’attente de l’héritage d’un parent fortuné, il est impératif de s’intéresser à la toxicité des champignons dont il raffole. », « Quand l’on part en croisade verser le sang des infidèles, on évitera de perdre son temps à martyriser d’innocentes créatures ailées. C’est impératif. », « Débarrassons-nous impérativement de notre fâcheuse tendance à juger les gens selon la couleur de leur cravate. », ou encore « Si l’on accepte de se faire enlever par un dieu aux allures de taureau, l’on aura soin d’exiger impérativement la preuve qu’il ne s’agit pas d’un bovin mégalomane. ». Vous l’aurez compris, ce bréviaire-là lorgne plus du côté de Topor que de Saint-Augustin ! En regard de ses illustrations en pleine page, Toppi distille de petits commentaires dont l’humour ravageur donne tout son relief à l’intention de l’artiste. On retrouve ici tout l’esprit de Toppi, à la fois cynique et humaniste, caustique et révolté, tendre et fou, et le plaisir engendré est immense.
À travers ses illustrations commentées, Toppi nous fait part une nouvelle fois de ses obsessions, des thèmes qui lui tiennent à cœur et qu’il a envie d’explorer encore et toujours, dans de subtiles déclinaisons ou de nouveaux espaces. Il sera ici question de passion, d’atavisme, du rapport entre les êtres, de la vision de l’homme et de la vie, de la violence et de l’étrange. L’amour, la mort, la fausseté de l’existence et l’acuité du regard… Pour compléter les visions hautes en couleurs de Toppi, l’éditeur a eu l’excellentissime idée de placer sous les petits adages assassins de l’auteur un croquis préparatoire du dessin. Au crayon ou à l’encre, parfois rehaussés au crayon de couleur, ces beaux et imposants culs-de-lampe parachèvent avec un talent fou le petit théâtre de Toppi, engendrant bien plus que l’intérêt légitime d’avoir accès aux recherches graphiques de l’artiste pour arriver au résultat final : ces esquisses se révèlent être passionnantes et esthétiquement impeccables – liberté de trait, exagération exacerbée, acuité de l’impulsion créatrice, beauté du style lâché.
Quant aux illustrations en elles-mêmes, elles sont – sans surprise – tout simplement exemplaires et magnifiques. Du grand art. De par son âge vénérable et sa carrière, Toppi est l’un des derniers (LE dernier ?) grands maîtres italiens du 20ème siècle encore en vie. Mais le bougre ne se contente pas d’être en vie, non ! Il continue de créer et de se remettre en question, de chercher, de creuser, d’aller plus loin selon le temps présent de son œil sensible et le bouillonnement de sa technique créatrice. Il triture et fouille lui-même son propre style, ne s’en détachant pas mais lui offrant constamment un horizon ouvert. Dans « Impérativement », ce n’est pas l’art remarquable et si connu de la hachure baroque et complexe de Toppi qui prédomine, mais bien son sens aigu de la composition et de la couleur. Comme souvent, Toppi fait bien autre chose que d’installer un personnage dans un espace structuré par une figure géométrique : il fait plutôt s’interpénétrer le ou les personnages avec la géométrie de la forme structurante, le sujet s’inscrivant dans la forme tout en l’extrapolant, la brisant, la prolongeant dans de multiples astuces de compositions. Et si la hachure n’a pas tout à fait disparu, c’est bien l’art du lavis coloré qui est à l’honneur ici, dans de subtils dégradés, des nuances sensibles ou des contrastes saisissants. C’est juste sublime. En résumé, un album à acheter… impérativement !!!
Cecil McKinley

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Couverture des Pixels tome 3
Wasterlain
Série : Les pixels (tome 3)
13.00 €
Janvier 2012
En 2010, les éditions Mosquito lancent leur nouvelle collection destinée à la jeunesse, « Lily Mosquito ». Et pour célébrer dignement cet événement, l’éditeur grenoblois fait appel à un auteur très talentueux, Marc Wasterlain.

Marc Wasterlain, c’est le créateur, entre autres, de deux grandes séries destinées à la jeunesse : « Docteur Poche » tout d’abord, publiée chez Dupuis, puis chez Casterman, et la délicieuse « Jeannette Pointu », la photographe qui parcourt le monde pour réaliser ses reportages et alerter les humains quant à l’état de notre planète.

Pour Mosquito, il imagine donc une nouvelle série, « Les Pixels ». Les Pixels, ce sont trois amis, Arno, Kévin et Zébra qui ont créé un groupe de rock et qui sont entraînés dans toutes sortes d’aventures où ils doivent affronter monstres et robots.

Ces trois-là s’entendent comme larrons en foire et pratiquent couramment la solidarité. Arno arbore une fière tignasse rousse et son impétuosité le fait parfois agir avant de réfléchir. Kevin, le gentil de la bande, pratique le skate-board avec passion. Zébra, la jolie blonde, possède un caractère bien trempé. Pas question pour elle de se laisser dicter sa conduite sous prétexte qu’elle est une fille ! La moindre remarque sexiste la fait réagir au quart de tour.

Dans ce troisième épisode des « Pixels », on retrouve notre trio dans le garage d’Arno, en pleine répétition pour le concert qu’il doit donner prochainement. Les trois amis se donnent à fond ; le quartier, alerté par le bruit, est en émoi et le père d’Arno est en pétard. Finie la musique ! Arno doit travailler ses maths et améliorer ses résultats scolaires. Catastrophés par l’ultimatum, les amis se mobilisent : comment faire progresser Arno ? Après quelques essais infructueux de révisions collectives, Zébra tient l’idée qui les sortira de ce pétrin. Il faut aller trouver le professeur Cyclotron. Ce scientifique talentueux et inventif saura, sans aucun doute, donner à Arno la fameuse bosse des maths. Ils se mettent en route, pleins d’espoir, et parviennent enfin jusqu’à l’île du Crâne, où le professeur mène des expériences secrètes. Ce qu’ils découvrent là-bas est extraordinaire car le scientifique a réussi à créer des dinosaures à partir de leur A.D.N. et des œufs de poule. Mais la science a des limites car les brachiosaures, les tyrannosaures, les tricératops et autres bestioles préhistoriques sont de petite taille. Arno, Kévin et Zébra évoluent dans un Jurassic Parc miniature, poursuivis par Norok, un méchant prêt à tout pour s’emparer des découvertes de Cyclotron. Il est secondé par deux gros sbires un peu bêtas et inséparables, nommés bien à propos Toi et Moi. Le chemin qui mène aux mathématiques prend parfois des chemins de traverse …

Lire un album de Wasterlain est toujours un plaisir. L’auteur nous propose ici un récit d’aventures de facture classique, bien ancré dans notre monde. Les héros font de la musique, possèdent des motos, des ipod, des ordinateurs, des robots, ont un chat nommé Arobase : autant de références qui parlent aux jeunes lecteurs d’aujourd’hui. Ils ont chacun une personnalité bien affirmée, font preuve d’initiative et d’indépendance. Zébra a toute sa place dans l’aventure et n’est pas un simple faire-valoir. On l’aime lorsqu’elle s’en prend à Kévin qui s’arrange avec la galanterie : « La galanterie est une forme d’aliénation des droits de la femme ! En tant que féministe, je revendique l’égalité ! »

On retrouve dans le récit les archétypes du gentil savant entièrement pris par sa passion, le méchant cynique et parfois ridicule, les multiples rebondissements, les plaies et les bosses récoltés par les personnages. Le tout est pimenté d’une bonne dose d’humour et d’une bande son toujours présente au fil des pages, qui traduit avec drôlerie le langage des robots et des dinosaures nains. Et puis, les lecteurs attentifs retrouveront, dans la dernière image de l’album, une guest star et son appareil photo …

Lire l'article en ligne:
http://bdzoom.com/44990/bd-jeunesse/44990/
Catherine Gentile
Les Pixels, trio musical branché, ont un problème ! Leur batteur Kévin est nul en maths et doit impérativement réussir son examen, sinon son père interdira les répétitions du groupe. Nos jeunes amis devront rejoindre le professeur Cyclotron dans sa base secrète pour qu'il enseigne les mathématiques à Kévin. Mais les Pixels devront durant ce voyage affronter l'ignoble Norok et découvriront le monde extraodinaire des mini dinosaures.

Wasterlain est un maître reconnu du récit enchanteur et mouvementé. Avec cette troisième aventure après Chasseurs de monstres et Les robots, dans la collection Lily Mosquito, ses petits héros sont désormais bien typés et installés dans un univers frénétique et cependant sagement moral. Arno le guitariste, Kévin à la batterie et la jolie Zébra au clavier connaissent aussi les émois des petits amoureux à base de chastes bisous, les chamailleries enfantines et les réparties de cours de récré, sur fond d'humour permanent. Wasterlain, s'il met en scène les poncifs du genre tels le méchant Norok et le distrait professeur Cyclotron, sait innover avec son hydra-coptère futuriste (un hélicoptère qui amerrit et plonge !), un langage robotique aux onomatopées signifiantes, et même, clin d'oeil au lecteur adulte, un texte décalé comme cette maxime féministe assénée par Zébra, "la galanterie est une forme d'aliénation des droits de la femme !".

La dimension didactique est toujours présente avec ce défilé impressionnant de mini dinosaures créés involontairement par le professeur Cyclotron, manipulateur imprudent d'ADN, qui constituent à eux seuls un véritable cours d'histoire naturelle à usage du jeune lectorat. Du tricératops au bronchiosaure, tous les dinosaures authentiques sont représentés en miniature avec leurs caractéristiques. Le trait dynamique de l'auteur emporte le récit à toute allure, les déplacements de ses personnages sont une merveille d'horlogerie, et la douceur chromatique de la coloriste Baloo apporte l'indispensable touche féérique.

L'infâme Norok s'appropriera t-il les découvertes du naïf professeur Cyclotron ? Ce dernier enseignera-t-il à temps les mathématiques à l'ignare Kévin ? Les Pixels pourront-ils reprendre leurs répétitions ? Vous le saurez en lisant ce rafraîchissant opus, avec en prime un petit jeu de devinettes dans la dernière grande case finale où Wasterlain a disséminé plusieurs de ses autres héros et quelques amis reconnaissables.

Lire l'article en ligne:
http://www.bdgest.com/chronique-4929-BD-Pixels-Les-Pixels-et-les-mini-dinosaures.html
Jean-François Douvry

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pixels tome 3
pixels tome 3
pixels tome 3
pixels tome 3
Couverture de Digitvs Dei
Casini, Medda
13.00 €
Janvier 2012
Publié en janvier 2012 dans un grand format cartonné en noir et blanc par les éditions Mosquito, Digitus Dei est l'oeuvre du scénariste Michele Medda et du dessinateur Stefano Casini. Ce dernier fournit des planches de toute beauté et son style me rappelle parfois celui de l'excellent Rick Leonardi. Casini crée de superbes décors, place judicieusement ici et là des hachures, crée des sensations de mouvements et travaille les expressions de ses personnages. Toutes les qualités qu'il déploie donnent un rendu dynamique et cela tout au long des 48 pages qui composent cette bande dessinée. Casini est un virtuose du noir et blanc ! Il y aurait certainement eu un affaiblissement de la puissance de son trait si des couleurs avaient été rajouté.

Lire l'article en ligne:
http://biazedredd.blogspot.com/2012/01/digitus-dei.html
Biaze-Dredd

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Digitus Dei
Scènes de la Bible
Sergio Toppi
25.00 €
Octobre 2011
Encore un travail que nous livre Sergio Toppi...Encore une preuve de son génie créatif. Alors certes ce n'est pas tout à fait une Bande Dessinée. Point de phylactère. Point de scénario. Du génie et encore du génie. L'Oncle Fumetti aime et l'écrit. Le livre sort en octobre aux éditions Mosquito.
Oncle Fumetti
Depuis de nombreuses années, les éditions Mosquito font découvrir au public français les oeuvres de Sergio Toppi. Au total 18 albums ont été publiés par la maison grenobloise dont le travail d’édition est toujours de grande qualité.

Le dernier oppus du géant de la bande dessinée italienne s’attache aux Scènes de la bible avec bien entendu une vision très personnelle. Ces travaux sur les personnages bibliques ont été dessinés au cours de la longue collaboration entre Sergio Toppi et le journal Il Giornalino. Il y présente une vision assez éloignée des clichés habituels des scènes de la bible. A la fois surprenant, troublant, mais toujours très beau.
Case départ

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Bible : Esau et Jacob
Sibérie
Micheluzzi
20.00 €
Septembre 2011
La lecture d'un journal découvert sur le corps d'un commissaire politique de l'Armée Rouge, le Comte Gabriel Lazarev, révèle sa vie tourmentée, du Saint-Pétersbourg pré-révolutionnaire de 1897 à la guerre civile contre les Armées Blanches de 1919. Le héros du récit, un narodniki aristocrate condamné pour terrorisme, connaîtra les affres du bagne sibérien et les déchirements des amours contrariées. Ces registres historiques et sentimentaux s'entremêleront tel le fil des Parques pour se dénouer au final dans le sang.

Fidèle à son habitude, Micheluzzi interpelle son lecteur en usant de récitatifs qui sont autant d'interrogations existentielles. Tout est dit dans l'avant-propos : "On parle des autres mais on ne fait que parler de soi"
La fascination de l'auteur pour la geste héroïque et misérable des conflits du vingtième siècle éclate ici à grand renfort d'actions dramatiques et de sentiments bafoués. Evasions, retrouvailles et séparations, les coups de théâtre se succèdent, et renvoient, par leur alternance de rythmes linéaires puis accélérés, au Docteur Jivago de Boris Pasternak, au Raspoutine de Hugo Pratt et à L'Homme de Pskov de Guido Crepax. Toutes ces publications antérieures (Sibérie est paru en 1989 dans la revue Corto Maltese, album Casterman 1991) nourrissent la narration et le graphisme de Micheluzzi. La finesse et l'élégance de son trait tempèrent la brutalité du récit. Il manie les codes de la bande dessinée d'aventure avec brio, jusqu'à inventer des onomatopées d'une criante vérité, à l'exemple de la vapeur d'une locomotive à l'arrêt qui fait Tunf-Tunf et Chouf-Chouf en marche. Une bande-son d'une justesse absolue qui dynamise le sage classicisme des découpages. Les dialogues, souvent poignants, animent le moindre protagoniste d'une touche d'authenticité.

Si d'emblée nous connaissons le sort du Comte Lazarev, Micheluzzi ménage des rebondissements constants et mène son lecteur au rendez-vous ultime en préservant malgré tout une part de suspense. Le choix du noir et blanc densifie l'arrière-plan historique et donne sa vraie couleur au pessimisme ambiant. Oui, cette histoire glacée comme le cœur du héros inconstant est bien une tragédie.
Jean-François Douvry BD Gest'
Attilio Micheluzzi est un grand conteur. Sibérie vous le prouve encore.
Après avoir publié Pétra Chérie, Marcel Labrume, Bab El-Mandeb ou encore Les tribulations de Rosso Stenton, l'éditeur Mosquito vous propose de retrouver un autre de ses chefs d'oeuvre : Sibérie.

L'auteur va nous entrainer en pleine Révolution russe tout en commençant par les prémices de ces actions. Le récit va donc débuter en 1897 où nous ferons connaissance avec le comte Lazarev, un enseignant et un drageur impénitent. D'ailleurs, en s'amusant et en flirtant avec la jeune Natalia Karaïeva, il ne se rend pas compte qu'il va bouleverser l'avenir de la jeune fille. Mais Gabriel a aussi des idées révolutionnaires. Une lettre anonyme va d'ailleurs être le début de ses ennuis.
A partir de ce point de départ là, Micheluzzi va nous conter les mésaventures de cet ancien noble qui va découvrir la prison, l'humiliation, qui va s'évader, se retrouver dans les ennuis à cause des femmes et de son orgueil, et qui finira officier dans l'armée bolchevique.
L'auteur nous passionne avec son récit, avec cette aventure qui nous enchante à plus d'un titre. Nous suivons donc ici un des pans les plus importants de l'histoire du XXème siècle. Nous croiserons un certain Grigori Jefimovic alias Raspoutine, ou encore Vladimir Illitch Illyanov alias Lénine.
Micheluzzi nous offre une belle histoire, servie par un graphisme en noir et blanc hors pair.

Son style, son trait, sa mise en scène font que le lecteur vit cette aventure avec les personnages. L'auteur fait revivre avec brio cette période historique en s'appliquant, grâce à son dessin, à nous faire croire que nous sommes bien en ce début de XXème siècle.

Sibérie est un chef d'oeuvre, une oeuvre forte signée de l'un des maîtres italiens de la bande dessinée. Un livre qui est une des sorties à ne pas manquer ce mois-ci.
Scénario.com

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Sibérie 1
Sibérie 2
Sibérie 3